Belgocontrol , “Brussels, we have a problem”

lalibre.be
jeudi 21 avril 2016

Un contrôleur aérien, malade, ne s’est pas présenté mercredi à son poste de travail = un aéroport bloqué pendant plusieurs heures. Cette équation absurde et surréaliste ne pouvait devenir réalité que dans un seul pays au monde  : le nôtre. Mercredi matin, la fermeture de l’aéroport de Charleroi a une nouvelle fois été dévastatrice pour l’image de notre pays, une semaine seulement après l’action de certains contrôleurs qui avait entraîné, deux jours durant, l’annulation de plusieurs centaines de vols dans nos aéroports.

Il y a un problème Belgocontrol. “Un foutoir”, n’hésite plus à affirmer dans son style direct Jean-Jacques Cloquet, le patron de l’aéroport de Charleroi, qui envisage désormais de demander des comptes à la société publique en charge du contrôle aérien belge.

Belgocontrol aura, en effet, rarement aussi mal porté son nom, tant le sentiment de grand n’importe quoi prédomine aujourd’hui. En réalité, cela fait des années maintenant que cette entreprise est malade d’une gouvernance déficiente, de parachutages politiques, de sous-investissements ou d’une politique de recrutement insuffisante. Sans que l’Etat, au travers des gouvernements successifs, ne parvienne à y mettre de l’ordre, y accentuant même parfois certains dysfonctionnements.

Cela suffit. Aujourd’hui, les pilotes eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme face à la multiplication des incidents techniques intervenus ces derniers mois au cœur de nos tours de contrôle et au déficit de moyens humains. Aujourd’hui, la sécurité du ciel belge dépend de la bonne volonté de contrôleurs acceptant de travailler pendant leurs jours de repos. On en est là. C’est glaçant.



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